Presse

Publié le 21 août 2010
 
Sur l'île du Levant c'est tenue correcte exigée !
 

Trois procès-verbaux ont été dressés à l'encontre d'îliens, qui se trouvaient nus dans un établissement recevant du public. Une première depuis 25 ans. 
 
En l'espace d'une semaine, le climat s'est particulièrement dégradé sur l'île du Levant. L'élément déclencheur ? Un procès-verbal (PV) dressé le 15 août dernier par le policier municipal à l'encontre du cogérant du Bazar d'Héliopolis (alimentation, souvenirs, presse), dans son plus simple appareil à l'intérieur de son établissement. « Par solidarité », une touriste a écopé de la même amende (38 euros l'infraction de première classe) après avoir refusé de se rhabiller dans le magasin. 
 
 
« Avant, ils obtempéraient »
 
« Depuis vingt-cinq ans que je suis en poste, je n'ai jamais mis de PV pour des personnes qui ne respectent pas l'arrêté municipal de 1978 (1), explique Dominique Poey, le seul policier municipal en poste sur l'île. Avant, je discutais avec les naturistes et ils obtempéraient. Mais là, après plusieurs mises en garde cet été, c'en est trop. Je n'ai fait qu'appliquer la réglementation. » Au début de la saison estivale, une lettre de la mairie d'Hyères l'invitait d'ailleurs à surveiller davantage les magasins d'alimentation et les restaurants.
 
Jeudi, Dominique Poey a de nouveau sévi. Au petit bar attenant au Bazar d'Héliopolis cette fois-ci. Toujours pour les mêmes motifs, c'est Élizabeth Varet, présidente de l'association des Amoureux du Levant naturiste, qui a été verbalisée. Un nouvel acte solidaire, semble-t-il (lire ci-dessous).
 
 L'île scindée en deux camps
 
 Actuellement, Le Levant est scindé en deux camps : ceux qui souhaitent étendre la pratique du naturisme, et ceux qui demandent le respect des règles existantes. Christophe Chevallier, secrétaire de l'association Vivre au Levant, est de ceux-là. Tout comme les membres du Comité d'intérêt local (Cil) et de l'association Le Boulentin, il soutient l'action du policier municipal. « Un commerçant qui ne respecte pas les règles élémentaires d'hygiène en servant nu dans son magasin d'alimentation a été verbalisé à juste titre. Nous ne voulons pas voir Le Levant transformé en camp où le nudisme est partout obligatoire, ni en île libertine comme certains le revendiquent. Le charme de l'île réside dans une vie de village où tolérance, sans doute le meilleur qualificatif du naturisme, est le maître mot. Chacun fait ce qu'il veut en privé, mais pas en public. »
 
Ambiance, ambiance...
 
 1. Celui-ci interdit le naturisme sur la place du village, au port et dans les établissements ouverts au public. 10 % du territoire de l'île du Levant (9 km2) est réservé aux civils, 90 % aux militaires.

 Nice-Matin  

Communiqué du 23 août 2010

FÉDÉRATION FRANCAISE DE NATURISME
 

Nudité voilée au berceau mondial du naturisme

  
À l’heure où la Fédération Française de Naturisme vient de célébrer « 60 ans de naturisme », notamment au Centre Hélio Marin de Montalivet par une grande fête organisée en symbiose avec les élus Aquitains, la Mairie d’Hyères vient de prendre le contrepied du rayonnement du naturisme sur sa commune, précisément à l’Île du Levant, considérée depuis 1930 comme le berceau mondial du naturisme.

En effet, depuis le 15 août dernier, des naturistes, dont la présidente des Amoureux du Levant Naturiste (association affiliée à la FFN) et un commerçant partenaire de la FFN, se sont vus verbalisés pour être nus … sur le domaine naturiste. Digne de la « saga du Gendarme à St Tropez », le scénario n’est cette fois pas une fiction et s’appuie sur les articles d’un arrêté municipal datant de 1978. La FFN s’interroge sur les raisons officielles de cette brutale répression qui sévit actuellement sur l’île, notamment vis-à-vis de personnalités et responsables naturistes, d’autant que la saison touristique touche à sa fin.

Le texte au centre de la polémique fixe des zones distinctes sur le Domaine naturiste d’Héliopolis avec, pour chacune d’elles, des règles différentes de pratique de la nudité. Outre que cet arrêté n’a jamais été respecté à la lettre depuis plus de 30 ans, certains articles sont de toute façon aujourd’hui en contradiction avec ce qu’écrit le législateur dans la circulaire du 14 mai 1993 relative à l’article 222-32 du Code pénal régissant la nudité naturiste.
 
De plus, le Domaine d’Héliopolis est entièrement dédié au naturisme même s’il reste ouvert au public visitant Le Levant. Il est évident que cet arrêté municipal doit être révisé au plus vite pour être conforme à la législation afin que l’île retrouve son caractère naturiste et paisible. Dans le cas contraire, les ambigüités de ce texte de 1978 ne feront qu’empirer une situation pénalisant à terme l’activité du tourisme naturiste et au final le développement économique de l’île.

La FFN rappelle à cette occasion que la France est la première destination naturiste mondiale et que la campagne menée par ATOUT FRANCE montre une progression des vacances naturistes.

Historiquement, l’île du Levant ne peut être absente de ce développement. 
 
 
Publié le 13.12.2012
 
Deux naturistes de l'Ile du Levant contestent une contravention
 
«Au cœur du domaine naturiste d'Héliopolis, entre le village et le bord de mer, à flanc de colline, le Bazar est idéalement situé. Vous pourrez y pratiquer le naturisme tout au long de l'année.» Cette promesse, lisible sur le site Internet de cet établissement touristique de l'Ile du Levant, pourrait être mise à mal par la justice.

Le rapporteur public du tribunal administratif de Toulon a donné raison jeudi à un policier municipal qui avait verbalisé deux personnes nues dans ce haut lieu du naturisme depuis 80 ans.

 Terrain militaire à 90 %, l'île du Levant, qui dépend de la commune d'Hyères (Var), abrite depuis 1931 un domaine naturiste, Héliopolis, lotissement privé ouvert au public. La décision du tribunal, mise en délibéré, est attendue d'ici environ un mois.

Le PV a été dressé en août 2010. Jean-Albert Vaillant, surnommé Berthy, le co-gérant du Bazar, se trouve nu sur la terrasse de son épicerie. L'agent de police qui passe par là verbalise le naturiste en vertu d'un arrêté municipal de 1978. Ce dernier stipule qu'il est interdit de se promener ainsi dans un établissement recevant du public. Sauf qu'il n'a jamais été appliqué... Présente dans le magasin, une cliente refuse de se rhabiller par solidarité et écope elle aussi de 38 euros d'amende.

«Une amende injuste et absurde»

Le rapporteur public a estimé jeudi que «le policier municipal (avait) simplement exercé son pouvoir de police conféré par l'arrêté municipal de 1978 de manière à faire respecter l'ordre public».

«C'est une amende injuste et absurde, que dans le berceau du naturisme français on verbalise quelqu'un car il est nu !» s'est indigné Berthy Vaillant, qui se dit victime de l'hostilité de nouveaux venus non naturistes. «Si on respectait cet article 5 (de l'arrêté municipal), il n'y aurait plus de Levant naturiste ! Les touristes viennent là pour ça. Si on leur dit de mettre un maillot de bain pour aller à la piscine, ils iront voir ailleurs.» Selon lui, il n'y a pas eu d'autres PV infligés depuis.

Pour l'avocat de la municipalité de Hyères, Me Henri-Pierre Vergneau, «la ville s'est contentée de s'inscrire dans le cadre de ses pouvoirs de police administrative, en évitant entre autres choses que dans les lieux ouverts au public, des parents avec des enfants puissent croiser des personnes totalement dénudées». «C'est une tempête dans un verre d'eau, répond Berthy Vaillant. Si ça ne leur plaît pas de voir des nudistes, qu'ils aillent ailleurs.»

«Les mœurs ont évolué»

Le défenseur des deux verbalisés, Me Eric Moschetti, a relevé que depuis l'arrêté de 1978 «les mœurs ont évolué» : «Le naturisme se pratique toute l'année sur l'île du Levant et il est réglementé. Nous estimons qu'au regard de l'évolution du droit pénal, on pourrait étendre les zones où le naturisme pourrait être pratiqué, parce qu'il apparaît contradictoire que l'on puisse aller vers le Bazar en étant nu, et de devoir se rhabiller en arrivant sur la terrasse.»

S'il est condamné, Berthy Vaillant assure qu'il paiera l'amende et qu'il affichera sur la devanture du Bazar les risques encourus par les touristes. Il espère néanmoins ne pas avoir à en arriver là. «Vous savez, j'en ai même parlé à Jacques Politi, le maire d'Hyères. Je lui ai dit : il y a quand même des choses plus graves que de voir mes fesses, non ?»
            
LeParisien.fr
 

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